
Maria-Pilar Gasser, née à Madrid
(Espagne), est infirmière SG,
postdiplômée en soins palliatifs,
formatrice d’adultes brevetée.
Avec son mari, elle a voyagé
pendant huit ans sur quatre
continents. Elle a notamment
collaboré avec diverses ONG dans
le domaine de la santé et du social
et créé deux associations sans but
lucratif dans le même domaine.
Aujourd’hui, elle a fondé L’Ecole de Vie qui propose un ensemble
de formations et un accompagnement
individualisé pour toute
personne à la recherche du sens
de sa vie. www.ecoledevie.ch Elle a édité aux Editions
Ouverture: Amour et Vie s’embrassent, un récit
autobiographique qui décrit
les différents visages de l’Amour
à l’œuvre et révèle des moments
riches de la vie de chacun.
Elle est membre de l’équipe
de rédaction d’Itinéraires. |
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Dans la nature sauvage, il est très difficile
d’avancer. Le chemin est encore à
tracer. La plupart des êtres humains,
paresseux de nature, préfèrent les chemins
bien tracés avec des
repères clairs et des guides
précis.
Les explorateurs-nés choisissent
les risques et les accidents
de parcours au lieu de
lamonotonie du chemin balisé;
la difficulté de la marche
en solitaire au lieu de la promiscuité
des parcours du
dimanche.
Ils sont une minorité ceux
qui préfèrent les balades
«hors piste» et qui, ne supportant
pas les limites fixées,
réagissent en traversant la
frontière de l’infranchissable.
Il y a ceux que la vie a placés
comme guides et qui,
connaissant les embûches du
chemin, orientent vers d’autres
possibilités; et aussi ceux
qui, ayant déjà parcouru au
moins une partie du voyage, se proposent
d’en accompagner d’autres sur des
routes pas toujours bien éclairées.
Il y a encore les maîtres qui, comme
Élie, « dénichent » ceux qui pourront
les suivre, ou qui, comme le Christ, par
leur seule présence, «libèrent» la route
et «délivrent» le marcheur, créant ainsi
l’espace pour de nouveaux horizons.
Chez les grands voyageurs, le récit
peut être «entraînant» et leurs traces
restent longtemps gravées dans l’histoire.
D’autres aux empreintes indélébiles,
tel Calvin, ne laissent presque pas de
traces visibles dans ce qui fut leur
entourage immédiat.
Pour quelques-uns, le monde subtil
des arts permet de sortir des autoroutes
de la pensée et de rejoindre la marge. Ils
y laisseront des traces pour ceux qui
s’aventurent dans les espaces éphémères,
où tout s’efface au passage d’une vague.
Tous, nous sommes la somme des
traces que notre culture, notre famille,
notre éducation et notre histoire personnelle
ont laissées en nous.Dansmon
parcours j’ai souvent suivi les traces que
d’autres, comme mes ancêtres, ont laissées;
parfois j’ai choisi, de façon délibérée
ou forcée par les circonstances, de
sortir des sentiers battus. Ce faisant, j’ai
rejoint le chemin des solitaires qui, peu
à peu, ouvre des possibilités jusqu'alors
insoupçonnées. La nouveauté de ces
parcours improvisés est toujours offerte
à d’autres chercheurs qui tomberont
par hasard sur ces traces. Ensemble
nous ferons chemin.
Chaque vie est tissée dans un réseau
de chemins qui nous mènent de la naissance
à la mort. Marcheurs malgré nous
vers une destination que Lui seul
connaît, nous vivons des existences parfois
anonymes, d’autres remarquables,
mais à chaque fois laissant de visibles ou
d’invisibles Traces.
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